Il était une fois, dans un royaume prospère, un roi qui souhaitait éprouver l’honnêteté et le sens des responsabilités de ses sujets.
Un matin, il fit annoncer dans tout le royaume :
— Que chaque habitant apporte, ce soir, un récipient rempli de lait et le verse dans le grand bassin situé au centre du palais. Ce lait sera offert aux plus démunis du royaume.
La nouvelle se répandit rapidement. Chacun se prépara à accomplir la volonté du roi.
Mais, parmi les habitants, un homme se dit :« Si je remplis mon récipient d’eau plutôt que de lait, personne ne s’en apercevra. Après tout, les autres apporteront suffisamment de lait pour que mon eau passe inaperçue. »
Un autre eut exactement la même pensée.Puis un troisième, un quatrième, et bientôt tous les habitants raisonnèrent de la même manière.
Le soir venu, chacun se présenta au palais avec son récipient et versa discrètement son contenu dans le grand bassin.
Le roi, satisfait de voir son peuple répondre à son appel, ordonna que l’on distribue le lait aux plus démunis.

Mais lorsqu’il fit puiser le contenu du bassin, une surprise l’attendait : il n’y avait pas une seule goutte de lait. Le bassin était entièrement rempli d’eau.
Le roi convoqua alors ses conseillers et leur dit :— Voilà ce qui arrive lorsqu’un peuple confie à chacun la responsabilité de tous, mais que chacun ne se sent responsable que de lui-même.
Il ajouta :— Chacun a cru que sa petite tricherie serait invisible au milieu de l’honnêteté des autres. Mais lorsque tous ont pensé de la même façon, il ne restait plus rien de ce que nous espérions accomplir.
Et le roi conclut :— Nous sommes souvent tentés de profiter des efforts des autres sans apporter notre propre contribution. Pourtant, lorsque chacun agit ainsi, c’est l’œuvre commune qui disparaît.
La morale : Il est facile de croire que notre petite négligence ne changera rien, que notre absence ne se remarquera pas, ou que notre manque de contribution sera compensé par les autres.Mais une société ne se construit pas sur ce que chacun espère recevoir des autres. Elle se construit sur ce que chacun accepte d’apporter.
Quand tout le monde compte sur les autres pour faire sa part, personne ne fait la sienne.






