Un paysan ne retrouvait pas sa hache. Très vite, son esprit désigna un coupable : il soupçonna le fils de son voisin de la lui avoir prise et se mit à l’observer.
Son allure était typiquement celle d’un voleur de hache.
Son visage était celui d’un voleur de hache. Les paroles qu’il prononçait ne pouvaient être que des paroles de voleur de hache.
Toutes ses attitudes et chacun de ses gestes confirmait le soupçon : tout, absolument tout, prouvait qu’il avait volé la hache.
Quelques jours plus tard, l’homme alla travailler son champ. En déplaçant un tas de bois, il retrouva sa hache, là où il l’avait lui-même oubliée.
Le lendemain, il croisa le fils du voisin. Lorsqu’il le regarda de nouveau, il lui parut différent :
Il le regarda marcher : rien d’un voleur.
Il l’entendit parler : rien de suspect.
Ses gestes, son attitude : plus aucune trace de culpabilité.






